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Michelle Obama : l’art de convaincre malgré le pupitre

Michelle Obama a été la vedette de la convention démocrate lançant la campagne d’Hillary Clinton il y a quelques jours. On peut retrouver son discours intégral ici.
C’est une oratrice exceptionnelle servie par un texte exceptionnel. Elle utilise les anecdotes personnelles, l’humour pour attaquer Donald Trump sans jamais le nommer, les émotions vécues sincèrement ou jouées habilement, tout cela au service d’un message clair (dans le but notamment de convaincre les supporters de Bernie Sanders) : il faut voter Hillary Clinton.

Mais ce qui m’intéresse le plus ici, c’est sa manière de gérer le pupitre.

Pour la plupart des orateurs, y compris bon nombre de femmes et d’hommes politiques, le pupitre est un handicap. Créant de fait une barrière physique avec le public, il est utilisé comme une bouée de sauvetage à laquelle on s’accroche. C’est un doudou qui rassure. C’est peut-être comme cela que vous l’utilisez quand vous-même prenez la parole en séminaire ou en conférence. Ou même en formation ou en réunion puisque ce qui est valable avec le pupitre l’est également avec une table : on s’appuie dessus, on la tapote avec ses doigts… C’est une erreur !

Regardez ce court extrait :

Faire des gestes pour recréer de la connexion

Michelle Obama, elle, ne s’agrippe jamais au pupitre, elle ne s’appuie jamais dessus. Si elle y pose une main, l’autre ne s’arrête jamais plus de quelques secondes, sauf dans les moments de pause où la foule lui répond. En faisant des gestes, la Première Dame recrée la connexion avec le public. Elle évite surtout de se reposer sur son pupitre et d’apparaître ainsi moins dynamique, moins passionnée, moins « intéressante ».

Une gestuelle naturelle et métaphorique

Michelle Obama n’a aucun geste parasite (manipulation d’un objet, gestes d’auto-contact, etc.). C’est la base : filmez-vous pour constater quels sont les vôtres et débarrassez-vous en.

Elle utilise ce qu’on appelle les gestes ponctuateurs : des gestes qui rythment le discours comme le premier que l’on voit à 0’09 » ou encore à 1’15 (« nous sommes toujours plus forts ensemble »). Très prisés des politiques, ils sont en général une marque d’autorité.

Mais elle utilise également énormément les gestes métaphoriques : ceux qui illustrent visuellement le propos. Par exemple :
A 0’22 » « C’est pour cela que dans cette élection, je suis avec elle » : les index vers le bas illustrent « cette élection ».
0’42 » « Quand vous avez les codes nucléaires à votre disposition (at your fingertips = au bout des doigts) » : les doigts de la main droite joints illustrent « le bout des doigts ».
1’10 » « nous ne nous tournons pas les uns contre les autres » : la main qui repousse illustre le fait de se tourner les uns contre les autres.

Faites comme Michelle Obama : ne vous reposez jamais sur le pupitre ou sur la table et mettez vos bras en action par des gestes ponctuateurs et surtout métaphoriques.

Pascal HaumontMichelle Obama : l’art de convaincre malgré le pupitre
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2 commentaires

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  • durouchoux - 28 juillet 2016 répondre

    Un vrai changement vient surtout de se produire avec l’intervention d’Emmanuel Macron lors du meeting de lancement du mouvement En Marche.

    Il a tout simplement supprimer le pupitre pour intervenir à la manière d’un Keynote.

    Pascal Haumont - 28 juillet 2016 répondre

    Oui, effectivement Macron a renouvelé des choses dans la communication des politiques. Je voulais faire un article sur ce lancement et je n’ai pas pu prendre le temps.
    Notons que les Le Pen parlent tous deux parfois sans pupitre depuis bien longtemps. Obama l’a fait pendant sa première campagne également.

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