Un imposteur chez SOLISO

Les « experts storistes » de Soliso Europe ont été invités à se rassembler du 18 au 21 novembre 2015 à Lisbonne. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un expert storiste ? Eh bien moi, je me suis fait passer pour l’un d’entre eux.

Un expert storiste, pour Soliso, c’est quelqu’un qui vend leurs produits en magasin (des stores, des fenêtres, des pergolas, etc.) et qui a accès de ce fait à tout un tas d’outils marketing et à un support de leur part. L’expert storiste ne vend pas forcément que des produits Soliso, mais ça fait partie de son catalogue.

En juillet dernier, Christophe Pichot, Directeur Commercial, et Stéphanie Naulleau, Directrice du Marketing de Soliso, m’ont convié dans leurs bureaux à Nantes pour m’expliquer leur projet : ils veulent dynamiser leur séminaire à Lisbonne par une présence incongrue au cours de la matinée du 19 novembre, consacrée à différentes présentations face aux experts. Nous avons défini les contours de mon intervention et voici comment cela s’est passé.

Le mercredi 18, je retrouve les experts à l’aéroport d’Orly, direction Lisbonne. En phase d’observation, je suis un personnage timide qui n’entre pas trop en interaction avec les autres. Stéphanie, la Directrice du Marketing, joue le jeu en s’adressant à moi comme à un autre expert. Durant le vol, puis le transport en car jusqu’à l’hôtel, je continue mon numéro de gars pas très à l’aise qui ne connaît presque personne. Je découvre ma chambre et je redescends pour le cocktail à 20h30. Le grand jeu va commencer, parce que c’est le moment où je dois me mélanger aux autres…
Et ils ne sont pas déçus ! Il se retrouvent face à Pascal (donc moi !), un ancien statisticien qui ne s’y connaît pas vraiment en stores, fenêtres et autres, mais qui a mis un peu d’argent de côté pour racheter un magasin du côté de Fontainebleau, dans lequel il veut créer un showroom pour présenter les produits Soliso. Le souci, c’est que Pascal n’a pas l’air de savoir exactement ce qu’il fait, et son projet ne semble pas très solide. Il est à la fois d’une naïveté confondante et d’une confiance vacillante, mais il est enthousiaste et volontaire. Le dîner révèle à ses compagnons de table qu’il peut avoir un humour parfois décalé mais qu’il montre un réel et sincère intérêt pour les autres.
Et puis tout le monde va se coucher.

Le lendemain matin, c’est le moment des présentations PowerPoint. Tout le monde s’assoit en salle plénière. Je choisis le deuxième rang sur le côté gauche, de manière à voir les orateurs et la salle. Ma mission : poser des questions incongrues sans me dévoiler. Et je m’en donne à cœur joie : je vais avoir du mal à utiliser les outils sur tablette parce que la mienne n’a plus le wifi et que de toute façon, ce sont les enfants qui l’utilisent ; j’ai très envie de participer à la formation commerciale mais j’aimerais être dispensé des jeux de rôle filmés parce que je n’aime pas me voir et m’entendre ; je suggère d’imprimer les 250 pages du catalogue en ligne pour que ce soit plus lisible… Stéphanie me confiera plus tard qu’elle recevra pendant mes interventions plusieurs textos étonnés voire atterrés. Et lorsque Christophe, le Directeur Commercial, décide de conclure la réunion pour aller déjeuner, je m’approche maladroitement de lui avec ma clé USB en lui expliquant que je souhaite faire une courte présentation à l’ensemble des experts.

Accompagné de mon PowerPoint, je raconte l’histoire de la famille Brooks qui s’est déchirée au moment d’acheter un store, j’explique que le store extérieur va devoir se renouveler en allant vers une individualisation et je renforce mon discours de statistiques fantaisistes. Les experts rient à chaque phrase. Ils se sont rendu compte que je suis un imposteur et ils profitent avec bonheur de mon sketch. Je termine en présentant les prototypes de la bannesquette (un mélange de store banne et de casquette), du costume store pour faire soi-même de l’ombre à ses enfants et du store d’intérieur qui finit toujours à l’extérieur, parce que dedans il ne sert finalement à rien. C’est sous les applaudissements que je révèle ma véritable identité.

La mission est accomplie, le séminaire était dynamique, mes clients sont plus que satisfaits et chacun se souviendra de cette journée.

Pascal HaumontUn imposteur chez SOLISO Europe