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Steve Jobs était un génie de l’innovation. C’était également un communicant extraordinaire.
Carmine Gallo qui a écrit plusieurs ouvrages sur les « secrets » de Steve Jobs nous livre dans la vidéo suivante quelques éléments pour comprendre comment l’ancien patron d’Apple s’y prenait pour électriser son public.
Voici ce que Gallo relève :
- La 1ère phrase est essentielle, elle doit introduire le propos et frapper le spectateur : Today, Apple is going to re-invent the phone!
- Steve Jobs utilisait des transitions claires pour ouvrir et fermer chaque partie de son intervention
- Steve Jobs était passionné et enthousiaste
- Make numbers meaningful : quand Steve Jobs avançait un chiffre, il lui donnait un sens pour le spectateur. 4 millions d’i-phones vendus, c’est 20 000 par jour.
- Les diaporamas de Steve Jobs étaient très visuels : très peu de texte.
- Ses présentations étaient conçues comme des spectacles.
- En conclusion, Steve Jobs ouvrait toujours son propos sur autre chose
A la lumière de cette analyse, étudions plus précisément l’intervention faite par l’ancien patron d’Apple lors du lancement du premier iPhone au cours du MacWorld 2007.
Les trois premières minutes constituent l’accroche.
« Voici le jour que j’attends avec impatience depuis deux ans et demi. De temps en temps, un nouveau produit arrive qui change tout. »
Steve Jobs fait ensuite un peu de teasing autour des trois fonctionnalités de son nouveau produit. Et ensuite :
« Aujourd’hui, Apple va ré-inventer le téléphone ».
Tout le reste de la présentation se passe de cette manière : Jobs crée le suspens et conclut ce suspens par une annonce forte. Son sens de la dramatisation est exceptionnel. De plus, il s’appuie sur des diapositives très peu bavardes mais extrêmement visuelles. Ajoutez à cela une parfaite maîtrise des techniques de prise de parole en public.
Faites comme Steve Jobs : ayez une accroche inoubliable et relancez l’attention de la salle par du suspens et des effets d’annonce. Ajoutez à cela du visuel.
Voilà pourquoi Steve Jobs était l’un des meilleurs orateurs au monde.
Je vous invite à découvrir mon ouvrage « Prendre la parole en public – Faites-vous entendre ! », paru aux Editions Gereso, déjà disponible sur La librairie RH, Amazon, Fnac.com ainsi que d’autres sites de vente en ligne, et que vous trouverez en librairie dès le jeudi 29 septembre 2011.
J’y présente et développe des concepts que vous avez déjà lu dans le livre blanc de la prise de parole en public, à savoir :
- la préparation
- l’apparence
- la voix
- les présentations en anglais
- les présentations avec un PowerPoint
- le parallèle avec les arts scéniques, et en particulier l’improvisation théâtrale
Après avoir lu ce livre, vous n’aurez plus aucune raison de ne pas vous faire entendre !
Commandez le livre sur le site de La Librairie RH
Lisez mon interview sur ce même site
Testez vos connaissances sur la prise de parole en public en répondant à ce quizz
Les six candidats à la primaire du PS se sont retrouvés sur France 2 le jeudi 15 septembre pour un débat cordial et très suivi par les français.
L’émission a débuté par une intervention d’une minute face à la caméra pour chacun des candidats. Regardez la vidéo.
Pour tous, cette minute a été placée sous le sceau de la gravité. Visages plutôt fermés, vocabulaire faisant appel à des émotions négatives, l’heure n’était certainement pas à la rigolade. D’autant que le stress était perceptible pour chacun des candidats.
Détaillons les six interventions.
Martine Aubry
La Maire de Lille commence mal. Elle agrippe son pupitre, comme si elle avait besoin de se raccrocher à une bouée pour ne pas se noyer dans son stress. Sa première phrase : “Ce soir je veux dire aux français : je comprends votre inquiétude, notre pays va mal et finalement tout le monde nous dit, Monsieur Sarkozy en tête, qu’on n’y peut rien ou pas grand chose” est trop longue et trop alambiquée pour accrocher le téléspectateur.
Et puis vient le moment (à 2’03) où elle prend conscience de cet état de fait et où elle se redresse en lâchant le pupitre. Son message devient aussitôt plus audible et elle trouve enfin les ressources pour ponctuer les mots importants, pour adopter une gestuelle adaptée et pour créer des ruptures en faisant de courtes pauses. Son ébauche de sourire lorsqu’elle évoque son bilan en tant que ministre et en tant que maire apparaît enfin sincère.
C’est alors que’elle évoque la potentielle victoire de 2012, plongeant dans ses notes et ruinant du même coup la portée de cette idée. Elle se ressaisit vite et termine ce premier exposé sur le même mode quasi-naturel qu’elle avait su trouver peu après le début de son intervention.
De manière générale, sa voix est posée avec des montées en cours de phrases et des descentes en fin. Cependant, elle termine parfois tellement bas qu’elle en devient rauque, risquant du même coup de perdre son auditoire.
Martine Aubry a été dans cette minute fidèle à son image de sérieux et de rigueur, retrouvant en conséquence les défauts inhérents à cette image, à savoir le manque de naturel et de charme.
Manuel Valls
Le député-maire d’Evry est tendu. Droit comme un i avec la tête assez peu mobile, il ponctue ses idées d’un geste artificiel de la main droite qui parasite son discours. Sur son visage, seuls ses sourcils sont très mobiles. Selon le psychologue Joseph Messinger, cela traduit une personnalité susceptible sur laquelle il ne faut pas compter…
Manuel Valls connaît son texte par coeur et n’hésite pas.
Sa première phrase accroche bien le téléspectateur : il resitue le contexte “je suis candidat à la Présidence de la République…” et introduit le sujet en créant une attente chez celui qui l’écoute : “… pour incarner une gauche qui dit la vérité et qui redonne l’espoir”.
Il insiste bien sur les mots importants, ce qui est primordial pour la transmission du message. Cependant, il a une diction assez mécanique associée à une rythmique étonnante : pauses à des moments inattendus et redémarrage d’une phrase aussitôt la précédente terminée. Cela a deux effets :
- positif : l’attention est maintenue par cette diction originale.
- négatif : le message est brouillée par la forme inhabituelle.
Manuel Valls renvoie ainsi au téléspectateur une image assez floue qui nous laisse sur notre faim en attendant d’en voir plus.
Arnaud Montebourg
Le plus jeune des six candidats semble détendu. Son corps est souple, il ponctue son discours de pauses qui semblent parfaitement naturelles. Il présente à la caméra la partie gauche de son visage. Le synergologue Philippe Turchet y voit là l’expression d’une émotion positive, intense et contrôlée.
En n’esquissant que peu de gestes, il laisse le téléspectateur se concentrer sur son visage, sa position et son discours.
Arnaud Montebourg connaît son texte par coeur et le récite de manière tout à fait fluide. Cela renforce encore cette impression de force tranquille. Il commence par une phrase qui place son intervention sur le registre de l’émotion : “Madame Monsieur, je sais que vous êtes inquiets”. Il continue en utilisant de nombreux mots empruntés au chant lexical de la combativité : surmonter, péril, affronter, courage, guerre, combat, contre, …
En jouant à la fois sur le registre de l’émotion et sur une image détendue, Montebourg réussit le pari d’entrer dans cette émission en attisant la curiosité du téléspectateur.
Jean-Michel Baylet
Le Président du PRG n’a pas vraiment travaillé en vue de cet exercice : il lit toute son intervention. La sanction est immédiate : il parle vite, sans conviction, hésite, à l’air de réciter…
De plus il se tient très légèrement en arrière, confirmant ainsi son manque d’implication.
Enfin, il semble ne jamais décider entre regarder la caméra (donc le téléspectateurs) et David Pujadas. Résultat : les mots n’atteignent jamais leur cible. D’autant plus que sa première phrase est bien mal choisie : “L’élection présidentielle est le moment où s’engage véritablement le destin de la France”.
“Certes” se disent les téléspectateurs. Sans vouloir en savoir plus, parce que le candidat a oublié de nous parler de la seule chose qui compte : nous.
Jean-Michel Baylet aurait du tenter de compenser son déficit de notoriété par une présence hors norme et une préparation au millimètre… Visiblement, il n’est pas suffisamment motivé pour cela.
Ségolène Royal
Je suis toujours très étonné quand je regarde et écoute la Présidente du conseil régional de Poitou-Charentes parce qu’elle me renvoie toujours l’impression qu’elle ne comprend pas ce qu’elle dit.
Pourquoi ?
Non pas parce qu’elle aurait des défauts purement techniques : elle articule parfaitement, pose sa voix, sourit…
Ce n’est pas non plus le contenu de son intervention qui pose problème. Sa première phrase par exemple devrait fonctionner puisqu’elle implique son auditoire et s’identifie ensuite à lui : “Vous qui êtes inquiets, pour vous ou pour vos enfants, vous qui avez perdu et qui avez peur de perdre encore, vous pensez qu’on ne peut plus s’imaginer un avenir meilleur même quand on travaille dur, vous avez raison, je pense comme vous.”
Le problème ne vient pas du fait qu’elle lit son texte. Il est possible d’être parfaitement sincère, crédible et convaincant en se référant à ses notes et elle est assez habile dans l’art de passer de la caméra à sa feuille.
Non, ce qui est gênant, c’est qu’elle le lit sur un ton monocorde en omettant de faire des ruptures de ton, de débit, de volume… et en plaçant des sourires à des moments inopportuns, d’une manière qui semble aléatoire.
Un fait intéressant vient s’ajouter à ces observations : après avoir évoqué son parcours personnel, elle dit la phrase suivante : “Je trouve inadmissible que cela ne soit plus possible”. A ce moment, son sourcil gauche s’élève très rapidement. Selon Philippe Turchet, il s’agit de l’expression d’une profonde réticence à parler de soi et son désir de ne pas s’impliquer dans l’action.
C’est donc là tout le problème de Ségolène Royal : une implication qui fait défaut et que ne peut pas compenser la maîtrise technique.
François Hollande
L’ancien premier secrétaire du PS commence parfaitement son intervention.
Il ne lit pas, ne donne pas l’air de réciter, a une bonne dynamique corporelle et sait impliquer son auditoire par un ton naturel et un corps légèrement penché vers l’avant. François Hollande est parmi les six candidats le meilleur comédien.
De plus, son accroche est bonne : “Nous sommes dans un moment décisif, chacun l’aura bien compris”. Elle donne envie d’en savoir plus.
Et puis vient le moment de la déstabilisation lorsqu’il parle de la justice fiscale. Perdant soudain le fil de son texte, François Hollande trébuche et propose au téléspectateurs une phrase un peu biscornue dont on a du mal à saisir le sens.
Il se ressaisit et trébuche de nouveau au moment où il parle de la jeunesse. Il essuie une perte de confiance et sa belle assurance s’estompe alors qu’il termine son intervention. On a vu dans cette première minute du candidat un funambule arrivé de l’autre côté par miracle. Dommage, car il sautillait d’un pied sur l’autre en démarrant son numéro.
Peut-être vous dites-vous « je n’ai aucun humour, je ne suis pas capable de faire rire ». Et pourtant, l’humour est une des manières les plus efficaces pour soutenir l’attention de votre auditoire. Pour vous aider, voici les sept manières de faire rire lors d’une intervention.
Pour rendre les choses plus concrètes, j’y ai adjoint des exemples issus d’une conférence dont le thème est le web 2.0. Rappelons qu’il s’agit des sites participatifs dans lesquels le contenu n’est pas fourni par un administrateur, mais par les internautes eux-mêmes, du type YouTube, Facebook, etc.
- En les surprenant par une mise en scène inattendue
« (Sortant un appareil photo) Si vous pouviez faire un grand sourire, je vais vous ajouter dans mon album Picasa. Cheese! »
- En relevant un paradoxe
« J’ai utilisé yousendit pour envoyer un gros fichier à un collègue. Le temps que je crée un compte, que je trouve comment faire, que je télécharge le fichier, j’aurais eu aussi vite fait de le mettre sur une clé USB et de monter les deux étages pour lui apporter moi-même. Et je me serais fait offrir un café. »
- En utilisant l’hyperbole, l’exagération
« Aujourd’hui, quand je veux que mes enfants viennent à table, je suis obligé de le twitter ».
- En imitant ou mimant
« Avant, pour se connecter à internet voilà comment on faisait. On allumait l’ordinateur (se tourne les pouces et regarde sa montre). On vérifiait qu’il restait bien quelques minutes sur les trois heures gratuites offertes par AOL. Ensuite on se connectait grâce à un modem (imitation du bruit du modem). On ouvrait Netscape, on tapait son adresse et la page apparaissait (mime de la page qui apparaît très lentement). »
- En personnifiant les objets ou les concepts
« Comment ça fonctionne Google Docs ? Eh bien vous dites à Monsieur Google : ‘Monsieur Google, j’aimerais bien créer un document comme quand j’utilise Microsoft Office’. Et là Monsieur Google vous répond : ‘Pas de problème, mais plutôt que le stocker chez vous, je vais le stocker chez moi, et comme ça vous y aurez accès de partout rien qu’en vous connectant à internet’. »
- En utilisant la connivence
« (Sur le ton de la confidence) D’ailleurs j’ai mis en vente sur ebay le coffret Céline Dion que ma belle-mère m’a offert ».
- En utilisant une métaphore ou une analogie
« Aller sur une page web 2.0, c’est comme la crise de la quarantaine chez certains hommes qui quittent la mère de leurs enfants pour séduire une femme plus jeune. Elle est plus jolie, plus dynamique, plus récente, mais alors qu’est-ce qu’elle cause ! Et parfois pour ne rien dire… ».
Personnellement, je n’ai bien compris le fonctionnement de ma chaudière que le jour où mon plombier m’a mimé tous les éléments comme s’ils étaient des personnages qui se répondaient les uns aux autres !
On le sait, la première impression est décisive lorsqu’on rencontre une nouvelle personne. Cette règle est également valable lorsqu’on assiste à une prise de parole : on a vite fait de se faire une opinion de l’orateur et en conséquence d’être attentif ou de lâcher.
Les premiers mots que vous prononcerez (l’accroche) seront donc, au même titre que votre allure générale, un facteur décisif de la réussite de votre intervention. Ils doivent frapper les esprits et introduire le sujet.
De cette manière, l’attention est gagnée dès les premières secondes et une grande partie du travail est déjà faite. Vous prenez confiance, le trac s’estompe et vous êtes sur des rails pour la suite de votre discours.
Il y a 6 manières efficaces de commencer :
L’anecdote
Les gens adorent les histoires. Il faut bien entendu que vous liiez ensuite cette anecdote au sujet afin de l’introduire.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“J’ai entendu cette histoire incroyable sur Miuccia Prada. C’est une styliste italienne. Elle va dans ce magasin à Paris avec une de ses amies. Elle se balade. Elle trouve cette veste de Balenciage. Elle l’adore. Elle la retourne. Elle regarde la ligne. Elle regarde la fabrication. Son amie lui dit : ‘achète-la’. Elle dit : ‘je vais l’acheter. Mais je vais également la copier’.”
L’anecdote est courte, compréhensible et la chute introduit le sujet de la conférence, à savoir la quasi-inexistence de la propriété intellectuelle dans le monde de la mode.
La devinette
Vous impliquez le public. Celui-ci est tenu en haleine et chacun se demande où vous voulez en venir. La réponse à la devinette vous permet d’introduire le sujet.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“Je reviens tout juste d’une communauté qui détient le secret de la survie de l’Homme. C’est un lieu où les femmes portent la culotte, ont des rapports sexuels pour dire bonjour, et décident des règles. Où le plaisir est une affaire sérieuse. Et non, ce n’est pas Burning Man ou San Francisco. Mesdames et Messieurs, venez à la rencontre de vos cousins. C’est le monde des bonobos sauvages dans la jungle du Congo.”
La devinette n’en est pas vraiment une puisque les participants connaissent à l’avance le sujet de la conférence à laquelle ils assistent. Mais l’effet de surprise est maintenu par l’angle choisi et par l’humour de l’intervenante.
Le sondage
Vous impliquez le public. Demandez-leur de répondre à votre question à main levée. Evaluez les proportions de chacune des réponses et restituez-les. Profitez-en pour ensuite introduire votre sujet.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“Combien de créationnistes avons-nous dans la salle ? (personne ne se manifeste) Probablement aucun. Je pense que nous sommes tous darwiniens. Et pourtant, de nombreux darwiniens sont anxieux, un peu mal à l’aise et aimeraient que le darwinisme s’impose des limites.”
Ici, l’intervenant ne prend probablement pas suffisamment de temps pour recueillir les réponses (où relever l’absence de réponse dans ce cas précis) et utiliser l’information pour corroborer son discours. Le sous-texte est le suivant : “les gens éduqués sont darwiniens, et il n’y a que des gens éduqués dans la salle. Malgré cela, nous sommes parfois aveuglés par le seul fait que nous sommes persuadés d’avoir raison. Nous avons raison d’être darwiniens, mais ne soyons pas prétentieux.”
La statistique
Il faut qu’elle soit surprenante ou saisissante. Vous éveillerez l’intérêt du public qui n’aura qu’une envie : en savoir plus.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“Nous sommes noyés sous les dépêches. Reuters à elle seule sort trois millions et demi de dépêches par an. Et c’est juste une source. Ma question est la suivante : combien de ces dépêches compteront pour de bon à long terme ?”
Le nombre est impressionnant et prend encore une dimension supérieure dans le fait que l’on ne parle que de l’agence Reuters laissant présager des chiffres astronomiques. L’orateur aurait pu développer son propos et le rendre plus accessible à l’esprit humain en précisant que cela faisait près de quatre cents nouvelles par heure, trois millions et demi restant difficile à conceptualiser.
Le jeu de scène
Vous théâtralisez votre entrée en utilisant un accessoire ou faisant un effet scénique. C’est inattendu et cela éveille l’intérêt du public.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“(l’orateur montre des roches) Ces roches ont frappé notre terre pendant environ trois milliards d’années, et sont responsables de beaucoup de ce qui s’est passé sur notre planète. Ceci est un exemple d’une véritable météorite, et vous pouvez voir tous les fusion du fer issues de la vitesse et la chaleur quand une météorite frappe la terre.”
Il continuera en montrant un satellite spoutnik, un drapeau, un livre, etc. L’exposé est de cette manière très vivant. Et s’il est vrai qu’une image vaut mille mots, un objet réel frappe encore plus les esprits.
L’annonce choc
Dites-leur ce que vous allez leur raconter, et faites-leur comprendre à quel point c’est exceptionnel. Votre public n’aura qu’une envie : en savoir plus.
Sur cette vidéo, voici comment l’intervention commence :
“Je m’appelle Jane McGonigal. Je conçois des jeux. Je fais des jeux en ligne depuis dix ans. Et mon objectif pour la prochaine décennie est d’essayer de rendre aussi facile de sauver le monde dans la vraie vie que de sauver le monde dans les jeux en ligne. J’ai un plan pour ça, et il implique de convaincre les gens, y compris vous tous, de passer plus de temps à jouer à de meilleurs jeux plus ambitieux.”
L’oratrice crée le suspens. Elle promet de prouver qu’en passant plus de temps à jouer, on peut sauver le monde. Quel programme ! Le reste de l’exposé doit être à la hauteur de l’annonce choc et remplir les promesses de celle-ci.
Vous avez à présent en main les clés pour captiver votre auditoire dès les premières secondes de votre intervention. Testez-les, soyez imaginatifs !
Votre auditoire vous remerciera de ne pas être un de ceux qui débutent de manière très scolaire par : “Je vais vous parler de l’imprimerie. C’est un ensemble de techniques permettant de reproduire des écrits et des illustrations en grande quantité. Elle a été inventée par Gutenberg en 1440…”.
Soyez auteur, comédien et metteur en scène de ce one man show dont vous êtes la vedette.
Ce sont les meilleurs orateurs au monde. Découvrez dans cette série de posts les secrets de cinq de ceux-ci et enfin du meilleur d’entre eux.
Charles « Tremendous » Jones était un « motivational speaker » et auteur américain qui est devenu célèbre par ses conférences après avoir réussi dans les assurances. Regardez un extrait d’une de ses interventions.
Voici ce qu’il nous dit dans les 35 premières secondes :
« Le problème avec la prise de décision c’est que c’est votre boulot de la prendre. Vous dites : je ne prends aucune décision tant que je ne prends pas la bonne décision (…). Tu n’auras jamais assez de sagesse pour prendre la bonne décision. Tu sais pourquoi ? Dieu ne nous a pas faits pour prendre des bonnes décisions, il nous a faits pour prendre des décisions, y investir nos vies et faire en sorte qu’elles soient bonnes. Je n’ai jamais pris de bonne décision dans ma vie. Mais personne ne s’en est jamais rendu compte. »
Voilà une idée très forte, simple à comprendre et qui ramène chacun à une expérience connue. Ajoutons à cela une très forte présence, une voix puissante et une utilisation calculée du rythme et Jones peut se permettre de tourner autour de cette seule idée pendant tout l’extrait.
A 1’55″ : « Quand vous prenez une décision, appropriez-vous la. Pourquoi ? (…) Lorsqu’on progresse, on progresse seul. On n’a jamais vu un monument dans un parc dédié à un comité. »
A 3″39″ : « Quand vous prenez une décision, appropriez-vous la et mourrez pour elle, tenez-vous y, vivez pour elle. »
A 5’23″ : « Ce n’est pas parce que vous avez envie de laisser tomber que vous devez laisser tomber. Ce sont deux choses séparées. Quand j’ai compris que lorsqu’on avait envie de laisser tomber on n’était pas obligé de laisser tomber, eh bien je vais vous dire, j’ai décidé de ne jamais laisser tomber, et le jour où j’ai décidé de ne pas laisser tomber, j’ai pu profiter de ce que je n’ai pas laissé tomber, parce que je savais que je n’allais pas laisser tomber ».
Faites comme Charlie Jones : ayez des idées fortes et simples qui parlent à tout le monde. Répétez-les, déclinez-les, partagez-les avec passion. Voilà pourquoi il a été l’un des meilleurs orateurs au monde.



